Il y aura cinq mosquées à Toulouse

Publié: 10 janvier 2011 dans News
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À l’avenir, ce sont pas moins de cinq mosquées qui doivent sortir de terre sur la ville de Toulouse. Basso Cambo, Empalot, Tabar, Bagatelle et Reynerie : cinq lieux de prière dont personne ne souhaite parler. Ainsi, directeur de recherche au CNRS, docteur d’Etat en biochimie, Mammadou Daffé est également imam à la mosquée « Al Houceine » de Basso Cambo. Contacté, il déclare : « Je ne souhaite pas en parler. Si les gens sont pressés, je ne le suis pas ». C’est dans des préfabriqués, montés à l’écart de la grande surface du quartier, qu’il fait ses prêches. Les travaux de la mosquée devraient débuter… bientôt. Plusieurs mosquées sont d’ailleurs dans le même cas que celle de Basso Cambo : elles ont du mal à avancer.

40 000 musulmans

Celle d’Empalot, par exemple, située le long de la rocade est toujours en cours de construction. Hier, des artisans effectuaient des raccordements électriques. Mais, elle reste ouverte aux quatre vents derrière ses palissades qui se dressent depuis 2005. « Il y a des soucis financiers », confie un proche de l’imam Tataï. À Bagatelle, on recherche encore comment sortir du garage à vélo sous lequel on prie. À la Reynerie, « ils ont besoin de se pérenniser », assure un proche du dossier. Il n’y a que le lieu de prière de Tabar qui semble réellement posé. « Ils sont propriétaires d’un château et viennent de proposer un projet d’extension », lâche un proche de la mosquée. Il est en plein pourparlers. À chaque fois, les services de la mairie, auprès de qui le permis de construire ou d’agrandir est déposé, garde un œil vigilant sur le dossier. « La municipalité essaye d’avoir un accompagnement de tous les projets. Nous voulons qu’il soit viable et qu’il s’inscrive dans l’environnement, dans la vie du quartier », explique prosaïquement l’adjoint au maire en charge du culte, Jean-Paul Makengo. Cinq mosquées pour environ 15 000 familles de culture musulmane, soit 40 000 personnes en période de forte affluence… De la à penser que les imans prêcheront dans le désert, il n’y a qu’un pas que certains franchissent.


Un dispositif pour l’Aïd

Les associations cultuelles, la mairie et la préfecture travaillent actuellement sur l’organisation de l’Aïd El Kébir. La fête du mouton se déroulera aux alentours du 7 novembre 2011 (en fonction du lieu où est observée la lune). Mais, les autorités veulent éviter que les fidèles sacrifient leur bête n’importe comment puisque le seul véritable abattoir, certifié halal, se trouve actuellement à Saint-Gaudens, dans le Comminges. Un peu éloigné pour les habitants de Fronton. Après plusieurs réunions menées à la demande des associations, la municipalité a accepté de prêter un terrain lui appartenant. Les associations pourraient l’utiliser afin de faire venir un abattoir mobile, par exemple. Aux associations ensuite de mettre en place toute l’organisation de la cérémonie. Pour cela, elles doivent encore recueillir l’aval de la préfecture.


des projets parfois pharaoniques

Les responsables de la mosquée de Tabar ont demandé une extension afin d’accueillir 10 000 fidèles. « Hallucinant ! Ils sont revenus à plus de raison avec un projet se limitant à 4000 », note un proche des fidèles. À chaque fois, c’est la même chose. Les imams présentent des projets toujours plus grands. « Tous disent qu’ils ont beaucoup de fidèles qu’ils sont débordés. C’est parfois vrai… Mais de manière ponctuelle, lors du Ramadan par exemple », prévient un habitant du quartier de Bagatelle à Toulouse. Il n’a jamais été religieux, mais a toujours, grâce à ses contacts sur le terrain, gardé un œil curieux sur les mosquées. Les imans ont une bonne raison de présenter ces projets parfois pharaoniques. Pour être en bonne place au conseil régional du culte musulman (CRCM), les imams doivent avoir une grande mosquée. Leurs locaux doivent pouvoir attirer du monde. Beaucoup de monde afin d’avoir leur place, ou au moins faire entendre leur voix, au sein du conseil français où siègent les délégués régionaux. « Très vite, de grands pays musulmans y ont mis leur nez et tenté de prendre en main les mosquées », détaille un habitant de Bagatelle. Ces pays ont, indirectement mis la main au porte-monnaie, ou tenté de le faire, dans toute la France. À Toulouse, la mairie veut être claire : « De notre côté, jamais nous n’avons mis un centime dans la construction d’une mosquée. Nous accompagnons les promoteurs qui déposent dans nos bureaux leur demande de permis de construire. Cela s’arrête là ». Les imams, souvent à la tête de leurs propres associations cultuelles, réussissent à obtenir des fonds en organisant des collectes dans les quartiers et lors de leurs prêches. Ils acquièrent ainsi un terrain. Parfois, c’est la mairie qui conçoit d’échanger un terrain. Quand le compte y est, ils lancent les travaux. Dans les couloirs de la mairie, on reconnaît : « On ne peut par contre pas imposer un lieu de culte s’il est ressenti comme une agression par les riverains. Nous faisons tout pour qu’il s’inscrive dans l’environnement et que tout le monde soit bien ». L’exemple parfait est la future mosquée de Basso Cambo : un lieu de culte, des places à profusion près d’une station de métro et à quelques encablures des quartiers.

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