Municipales à Grand-Quevilly : la justice va enquêter sur le FN

Publié: 7 mars 2014 dans News, Politique
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Après les réclamations reçues de la part de colistiers, la justice va enquête sur les méthodes employées par le parti de Marine Le Pen pour constituer ses listes aux élections municipales (photo AFP)

Après les réclamations reçues de la part de colistiers, la justice va enquête sur les méthodes employées par le parti de Marine Le Pen pour constituer ses listes aux élections municipales (photo AFP)

L’affaire n’a sans doute pas fini de faire du bruit. Hier, le préfet de la Seine-Maritime a retiré la liste Front national de la course aux municipales au Grand-Quevilly. Pascal Bignaux, qui conduisait la liste « Le Grand-Quevilly Bleu Marine » ne pourra donc pas faire campagne. Pour quelle raison ? En fait, la préfecture a reçu des réclamations émanant de vingt-deux des trente-cinq colistiers. Ils s’estiment floués, comme nous le révélions dès hier matin. A l’image de Jean-Pierre Verdeaux, un retraité de Renault, ils se disent victimes d’une « supercherie ». Car, selon de nombreux témoignages, ces vingt-deux personnes se seraient retrouvées sur la liste FN à leur insu. Certes elles ont signé des documents officiels mais toutes expliquent qu’à aucun moment, il n’a été question de liste Front national pour les élections municipales.

Une enquête pour escroquerie

« Faux ! », s’est immédiatement défendu Nicolas Bay, le secrétaire départemental du FN qui, hier soir, estimait qu’il tenait « la preuve, par les faits, que cette opération est organisée par la mairie du Grand-Quevilly. Elle seule savait qui figurait sur la liste, pas encore publique, et elle seule pouvait faire pression sur les colistiers ».

Le cas du Grand-Quevilly n’est pas isolé. Au total, plus de trente réclamations ont été déposées ces derniers jours – sur les mêmes motifs – dans plusieurs communes de Seine-Maritime, à Elbleuf, Lillebonne et Harfleur, près du Havre. Mais dans ces trois communes-là, les listes FN n’ont pas été retirées de la bataille électorale. En effet, il faut que plus de la moitié des colistiers dépose une réclamation auprès des services de l’État afin que le préfet puisse décider du retrait éventuel d’une liste.

S’il n’a pas été en mesure de retirer les listes qui semblent poser problème, en revanche le préfet de la Seine-Maritime a saisi à trente-trois reprises – autant que de réclamations – le procureur de la République de Rouen, au titre de l’article 40 du code procédure pénale. Un article qui stipule que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

Saisi par la préfecture, le procureur de la République de Rouen, Jean-François Bonhert, a annoncé avoir ouvert une enquête pour « escroquerie ».

Faute de pouvoir se présenter au Grand-Quevilly, ville chère à Laurent Fabius mais aussi à Nicolas Rouly, le président du conseil général de la Seine-Maritime, et de Guillaume Bachelay, le numéro 2 du PS qui figure comme Laurent Fabius et Nicolas Rouly sur la liste du maire sortant, Marc Massion, le FN sera présent dans vingt villes. Mais avec, parfois, des candidatures « involontaires ». Des cas similaires viennent d’être révélés près à Orléans.

Stéphane Siret avec Élise Kergal – Paris-Normandie

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